On poursuit l’enquête amorcée en 2073.
N’ayant pas trouvé de coupables dans le futur, nous empruntons la machine à remonter le temps et prenons la direction des années 1959-1967.
Le métro vient d’être inauguré, et c’est avec lui qu’on remonte jusqu’en 1967 à partir de la station Jean-Talon. C’est à pied qu’on fera le trajet à rebours jusqu’en 1959.
Pas évident d’enquêter dans cette ville pleine de détours, encore moins de s’y stationner : la circulation est infernale.
On ira donc, tous yeux, toutes oreilles, prendre notre premier café dans la Petite Italie, rue de Castelnau.
Les criminels sont tellement devenus maîtres dans l’art de brouiller les pistes qu’ils changent même le nom des écoles. Philippe-Aubert-de Gaspé, ce beau nom, est devenu Sainte-Cécile.
L'école où Richard a fait ses 4 premières années de classique |
Mais en s’approchant, en jetant un coup d’œil dans l’ancien auditorium du rez-de-chaussée devenu un gymnase où les jeunes jouent au basket, on peut entendre le son du passé venant de l’étage supérieur. Tendons l’oreille, c’est bien :
- La voix de Monsieur Langlois : Rosa, rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis
- La voix de Monsieur Grignon expliquant un théorème de géométrie et nous menaçant de finir nos études à Monseigneur Gauthier
- La voix du frère Reid parlant anglais. L’un ne veut pas comprendre, son ami comprend déjà tout. Il jacasse pour rien ?
- Et la voix de Monsieur Bélanger nous forçant à percer d’un crayon notre dernier chef-d’œuvre qu’il n’ose même pas qualifier de "dessin pourri"
L’ancien garage Faguy, au coin de St-Laurent et Faillon, s’est aussi métamorphosé. Ne cherchez plus le “shipping”, sauf si vous voulez de la crème glacée.
Richard à travailler là pendant ses études |
C'était la porte du garage |
Adjacent, l’immense parc Jarry, assez grand pour s’y perdre. Le stade des Expos est devenu un stade de tennis.
Montréal est une ville de clochers, des cent clochers, mais aussi de temples divers. Comme le temple caodaïste sur St-Urbain.
Mais c’est aussi une ville qui commence par endroits à tomber en ruines.
Où Richard a fait ses quatre dernières années de classique |
Y entrer par la cour arrière est devenu impossible, des constructions récentes occupant l’ancienne cour de récréation.
Qu’il est triste de voir le belvédère du parc Saint-Viateur placardé, et la petite rivière l’entourant presque complètement sèche.
Côté restauration, le PALACE, où mon ami Pierre et moi allions souvent manger, est devenu le “Nouveau Palais”. Toujours loin d’un restaurant de haute gastronomie, mais où laisser un sou de pourboire ne serait plus possible. Il n’y en a plus de "un sou".
Sur Parc, la taverne Rialto et la pizzeria adjacente ne sont plus reconnaissables, présentes seulement dans nos souvenirs.
Reste le théâtre Rialto, toujours sur pied.
On peut quand même trouver où se restaurer.