Aujourd’hui, 30 juin 2026, retour dans l’espace‑temps.
Plus loin que Québec, plus difficile d’accès que les sommets de l’Olympe, on se rend au centre‑ville de la Métropole des cônes : Montréal.
Le musée de Pointe‑à‑Callière se situe sur les lieux de fondation de Montréal en 1642, et son accès, si on pense survivre au danger de l’auto, du REM ou du métro, tous plus menaçants que jadis les Iroquois, doit se faire en bateau.
Du quai Yvon‑Julien, au cœur du vieux Boucherville, on embarque pour un premier voyage dans le temps. Pendant le premier quart d’heure, le paysage doit ressembler à celui que virent les premiers explorateurs : les rives sauvages des îles de Boucherville.
Puis soudain, juste après être passé sous le pont‑tunnel Louis‑Hippolyte La Fontaine, on change de siècle, et d’un côté on contemple La Ronde, vestige d’Expo 67, et de l’autre les installations du port de Montréal qui toujours me ramènent au souvenir de mon père. Puis c’est la vue du mât du stade Olympique de 1976, qui par son nom et son premier usage nous rattache à la Grèce antique.
Puis c’est l’édifice de Molson, qui brassait pour les barbares un liquide que les dieux et les gens civilisés réservaient au peuple. Le vin étant le breuvage des nobles.
Le chapiteau du Cirque du Soleil, la Tour de l’Horloge (1922), hommage aux marins décédés en guerre. Il ne reste que dix minutes de marche pour rejoindre le musée.
Quand on franchit les portes de l’exposition « La Grèce au temps des héros de Troie », on entre dans un autre monde. Le récit de l’Iliade d’Homère est tellement ancré dans la mémoire collective de notre civilisation que l’on ne sait plus si on entre dans l’Histoire ou si on revit une histoire. L’auteur lui‑même est‑il un personnage historique ou un aède (poète) imaginaire?
Mais son récit reste d’actualité. Même ceux sans aucune notion de civilisation grecque connaissent le cheval de Troie, qui risque de contaminer leur ordi, ou le talon d’Achille, le point faible de toute personne ou organisation.
Plus de 400 artefacts historiques, statues, poteries et autres sont là pour témoigner de l’époque du bronze et de celle du fer sur les pourtours de la Méditerranée.
Ce récit, écrit à la fin du VIIIe siècle AEC (nouvelle façon « woke » de dire av. J.-C.), décrit un événement possiblement historique qui se serait passé au XIIe siècle av. J.-C.
Mais si alors les dieux comme Zeus, Artémis, Poséidon s’occupaient des chicanes humaines, de nos jours les Trump, Musk, Poutine s’occupent à essayer de gérer les passions humaines qui sont toujours les mêmes : l’amour, le pouvoir, le courage, l’honneur.
Reste une constance intemporelle : le désir, l’amour d’une belle femme peut rendre les hommes fous. L’enlèvement d’Hélène, plus belle femme du monde, est au centre de ce récit mythique où s’entremêlent les passions des hommes et des dieux. Rien ne change en ce bas monde : aujourd’hui, la petite Helena, fille de Belen, petite‑fille de nos amis argentins, est la plus belle petite fille d’un an au monde. Sera‑t‑elle aussi séduite un jour par Paris?
On poursuit sur les traces de ces « Hélène » par un repas au restaurant portugais Helena, rue McGill, dans le centre‑ville de Montréal. Même l’entrée de sardines et asperges trouve l’approbation de Françoise. Le reste, avec un bon vin de Porto, est à l’avenant, y compris une folie de mignardises pour terminer.
On salue ensuite Guenièvre, la fille de Françoise, dans le lobby de son lieu de travail sur Robert‑Bourassa, avant de reprendre la navette fluviale vers Boucherville.
Si tu veux, je peux aussi te proposer une version plus littéraire, plus rythmée, ou plus historique.